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Le Maroc s’ouvre enfin à la finance islamique

Lundi 2 janvier, la Banque centrale marocaine a annoncé avoir accordé des agréments pour la création de cinq banques islamiques dans le pays dites « banques participatives ». Le royaume chérifien est le dernier pays à majorité musulmane à s’ouvrir à la finance islamique.

Le terme « finance islamique » désigne l’ensemble des transactions et produits financiers conformes aux principes de la charia. Elle suppose donc l’interdiction de l’intérêt, de la spéculation et des investissements dans des secteurs considérés comme illicites (alcool, tabac, paris sportifs).

 

Qu’est-ce que la finance islamique va apporter au pays ?

D’après la société américaine de notation financière Standard & Poor’s, citée par Usine Nouvelle, la finance islamique pourrait représenter entre 10 et 20 % du système bancaire du Maroc. Une enquête réalisée par Reuters estime même que 43% des Marocains seraient prêts à ouvrir des comptes dans des établissements islamiques quand bien même les produits financiers halal seraient plus chers que les traditionnels services bancaires.

Pour autant, l’arrivée de la finance islamique dans le pays pourrait ne pas faire autant de remous que prévu : Ali Alami Idrissi, directeur associé du cabinet de consulting Optima Finance, estime que le secteur non bancaire (principalement rural et informel) restera hors des circuits bancaires. Par contre, les encours au financement pourraient augmenter : « Certaines entreprises déposaient déjà leurs liquidités auprès des banques conventionnelles, mais, par refus du prêt à intérêts, elles ne recouraient pas au financement bancaire. »

 

Les premières réalisations attendues courant 2017

La législation marocaine a été modifiée pour que le Conseil supérieur des oulémas, instance officielle qui vise à appuyer la politique religieuse musulmane du Maroc, puisse accueillir un « Comité charia pour la finance participative ». Il pourra dès lors émettre des fatwas à l’encontre des produits de cette finance participative qu’il ne considérera pas conformes aux préceptes de l’islam.

La création de ces banques islamiques était une promesse de campagne du Parti de la justice (PJD) au gouvernement depuis janvier 2012. Pourtant c’est le roi qui a les clefs en main, nommant le gouverneur de la Banque centrale qui aura pour rôle de marquer la séparation entre les affaires et la religion.

La Vie Eco estime que l’adoption de la finance islamique par le Maroc devrait entraîner la création de 150 à 200 agences dans le pays. Si la date de lancement de ces banques halal dans le royaume n’a pas été communiquée, le Maroc devrait émettre ses premiers titres financiers islamiques, dits sukuks, avant mi-2017.

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