Pour développer les parts de marché, attirer et retenir des clients, livrer des produits et services innovants et rentables, le dirigeant et ses managers doivent s’orienter et orienter les autres vers un futur attractif.
Le futur attractif ne va pas de soi
Evident, me direz-vous , et pourtant en cette fin d’année 2018, cela ne va pas de soi. Dans plusieurs secteurs, la grande cause est intrinsèque à son activité. Par exemple si vous contribuez à la conquête spatiale, à l’amélioration de la santé, à la culture et la formation, aux énergies propres… Si de surcroit, le personnel est correctement rémunéré, dispose de protections contractuelles, est formé en permanence, travaille dans de bonnes conditions matérielles et psychologiques, avec des managers bienveillants, ces pratiques dispensent de beaux et longs discours.
Mais en ce moment, la mobilisation pour un futur attractif est une dure épreuve pour les managers. Dans de nombreux pays, le déclinisme bat son plein. Nombre de nos concitoyens ne croient plus dans les vertus du progrès. La méfiance généralisée est sociétale. Dans les périodes de forte croissance, les citoyens croyaient au développement concomitant de l’économique et du social et espéraient des promotions pour eux et leurs enfants, le rêve semble pour beaucoup brisé aujourd’hui.
Dans les séminaires que j’anime, je présente des statistiques portant sur un siècle où tous les indicateurs progressent : espérance de vie, instruction, baisse de la pauvreté, amélioration de la sécurité, confort des logements…Et malgré ces sources croisées et publiées , mes interlocuteurs restent dubitatifs.
L’entreprise n’étant pas un ilot isolé au milieu de la société, la construction et le partage d’une vision devient sacerdotale. Lorsque des dirigeants mus par de bonnes intentions produisent des chartes de management, ils sont applaudis en public. Mais dans les couloirs où lors de réunions avec les managers opérationnels, s’expriment doute, voire colère, là où l’enthousiasme était recherché. Combien de fois ai-je entendu « ils feraient mieux de nous donner une prime ou une augmentation au lieu de dépenser de l’argent pour ça ! »
Une démarche en trois temps pour construire le futur
Faut-il alors baisser les bras ? Ma réponse est non !
Certes un dirigeant averti en valant deux, il convient d’être lucide sur les grands mouvements qui traversent nos sociétés et les difficultés économiques qui se pointent à l’horizon. Il vous faut une bonne dose d’inventivité et de courage pour rendre acteurs vos équipiers en créant le possible d’un futur attractif. Quelles en sont les trois conditions de réussite ?
1- Incarnez personnellement l’élan vers le futur.
Si en tant que dirigeant vous vous lamentez à longueur de semaines sur les contraintes qui vous assaillent, votre état d’esprit se diffuse dans toute l’entreprise.
Transformez les contraintes en données à traiter et représentez-vous-en quoi elles offrent de nouvelles opportunités. Emparez-vous des progrès en cours tels que la robotique, l’intelligence artificielle, les neurosciences, les imprimantes 3D , les bases de données coopératives, et voyez comment vous pouvez les faire fructifier dans votre entreprise. Sans nier l’existence de dangers votre enthousiasme insuffle de l’engagement auprès de vos équipes. Impliquez aussi vos managers dans cette recherche de nouvelles opportunités afin qu’ils incarnent eux aussi cet élan. Cette première condition de réussite nous enseigne que le premier outil du dirigeant, c’est le dirigeant lui-même.
2- Ouvrez votre entreprise au monde extérieur.
Le domaine réservé aux experts de l’intelligence économique doit être étendu à l’ensemble de vos managers et collaborateurs.
Plus le système de veille est participatif, et plus les collaborateurs trouvent des idées et découvrent des pratiques exemplaires.
Les veilles partagées touchent :
- Les clients : comment les exigences des clients évoluent ?
- Les concurrents : quelles sont leurs nouvelles offres ? Emergent t’ils des nouveaux entrants qui ne sont pas de notre métier ?
- Les technologies : quelles sont les nouveautés scientifiques et technologiques qui pourraient nous renforcer ?
- L’économie : quels sont les éléments de la conjoncture économique sur lesquels nous pourrions surfer ?
- La politique : quelle sont les nouvelles règles à venir ? Où en sont les accords internationaux qui pourraient nous impacter ?
Et bien sûr cette veille est permanente et donne lieu à des échanges sur quelles sont les opportunités offertes pour nous.
3- Posez des questions « impertinentes » pour dynamiser.
Pour faire sortir de la torpeur des collaborateurs défaitistes et susciter l’engagement individuel et collectif, profitez des entretiens et réunions pour poser des questions telles que :
- On aura réussi si ?
- Que ne voulons nous ne plus vivre? plus jamais ça !
- Si nous avions tout le temps, que ferions-nous ?
- Si nous n’avions qu’une heure, que ferions-nous ?
- Si nous avions tous les pouvoirs , que ferions-nous ?
- Si nous avions tous les moyens que ferions-nous ?
- Qu’avons-nous jamais osé faire et que nous pourrions quand même faire ?
- Quels sont les critères qui nous feront dire que nous avons progressé ?
- Qu’est ce qui nous empêche de mettre en œuvre nos idées ?
- Et si on le faisait quand même, que se passerait-il ?
Vous avez sûrement compris que la passivité génère des pensées féroces telles que : tout va mal, on ne peut rien faire, ainsi va la vie, nous sommes en déclin… Les questions ci-dessus produisent de l’action et orientent les autres vers la construction du futur.
Une fois n’est pas coutume, mais ma conclusion est une citation de Lao Tseu : « Mieux vaut allumer sa petite bougie que maudire les ténèbres »
Pour Convergence
Jean-Louis MULLER
Expert en Management, Conseiller des équipes de Direction
Auteur de nombreux ouvrages de management et d’efficacité professionnelle.
Conférencier et chargé de cours en Universités.
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