Depuis hier 22 janvier, Recep Tayyip Erdogan a entamé une tournée de cinq jours en Afrique de l’Est à travers la Tanzanie, Madagascar et le Mozambique. Ce sera l’occasion pour le président turc de parler des relations économiques de la Turquie avec ces pays africains, mais aussi et surtout de lutter contre les réseaux de l’imam Fethullah Gülen, accusé d’avoir instigué le putsch qui a eu lieu en Turquie l’été dernier.
Lutte contre les réseaux gulénistes
« Nous allons évoquer avec nos homologues nos attentes en ce qui concerne la lutte contre FETO » a déclaré M. Erdogan, l’acronyme FETO désignant « l’Organisation terroriste des partisans de Fethullah » selon la terminologie des autorités turques.
Ancien allié de la diplomatie turque, l’imam Gülen vit en exil aux Etats-Unis depuis près de 20 ans. Accusé par les autorités turques d’avoir fomenté le coup d’Etat des 15 et 16 juillet derniers, il nie toute implication de son mouvement dans la tentative. Comme le rappelle TV5monde, le putsch avorté avait par la suite entrainé l’incarcération de plus de 43 000 personnes en Turquie parmi lesquelles des magistrats, des policiers, des journalistes. En plus de cette offensive judiciaire d’une ampleur sans précédent dans l’histoire récente de la Turquie, Ankara a depuis multiplié les initiatives diplomatiques en réclamant la fermeture d’écoles et de fondations gulénistes à l’étranger, que ce soit dans les Balkans, en Asie centrale ou en Afrique.
Une façon de lutter contre l’isolement diplomatique pour Erdogan
Comme le note RFI, c’est un « agenda très politique » qui va dominer la tournée de la diplomatie turque en Afrique. Alors que le vaste réseau d’écoles, ONG et associations de l’imam Gülen est solidement implanté sur l’ensemble du continent africain, M. Erdogan entend réduire considérablement son influence. Ankara souhaite placer les institutions Gülen sous la tutelle de la fondation turque Maarif, ce qui est déjà le cas en Guinée et en Somalie.
En ce qui concerne les relations économiques, M. Erdogan, accompagné de ses ministres de l’Economie et de l’Energie, devrait parler tourisme à Madagascar, construction en Tanzanie et gaz naturel au Mozambique. C’est aussi une façon de briser l’isolement diplomatique dans lequel s’est retrouvé le président turc depuis les événements de l’été dernier.



