Le Maroc vient de présenter la candidature de Marrakech à l’organisation du prochain Congrès international de l’agriculture biologique en 2020. Depuis son apparition, l’agriculture biologique marocaine est aux mains d’opérateurs privés. Si elle a commencé à Marrakech avec l’olivier, peu à peu d’autres filières se sont imposées à travers le Royaume comme les agrumes puis les cultures maraîchères et les plantes aromatiques et médicinales et pour finir, les produits exotiques. L’objectif pour les premières productions était d’exporter vers le marché européen, qu’en est-il aujourd’hui ?
L’agriculture biologique démarre véritablement dans les années 1990 avec les agrumes et les tomates d’Agadir. En 1998 la gamme des produits maraîchers destinés à l’exportation s’étend à une dizaine de légumes auxquels sont venus s’ajouter d’autres produits comme l’huile d’olive et les plantes aromatiques et médicinales. La même décennie voit l’apparition d’opérateurs commerciaux ainsi que le lancement de projets initiés par des paysans à titre privé avec l’aide d’ONG qui commercialisent des produits biologiques (Argan). Au cours des dix dernières années, les superficies réservées à l’agriculture biologique ont connu une croissance exponentielle. Si cette croissance importante est partiellement due aux grandes superficies certifiées par les exportateurs d’argan (300 millions de DH de CA ), les autres cultures se sont aussi beaucoup développées (olivier biologique, cultures maraichères…).
Le Ministère de l’Agriculture et de la Pêche Maritime (MAPM) a conçu un projet de loi pour cadrer la filière des produits biologiques. Il n’existe pas d’organisme de contrôle marocain. Les agriculteurs doivent faire certifier leurs produits par des organismes de contrôle et de certification (OCC) privés étrangers sur la base de leurs propre cahiers des charges. Ces organismes doivent toutefois être agrées par le SEMAC (Service Marocain d’Accréditation) qui est l’autorité compétente.
Les opérateurs marocains se fournissent en semences, engrais et phytosanitaires biologiques auprès d’entreprises pour la plupart européennes. Il existe encore très peu d’entreprises d’engrais biologiques au Maroc (compost et fumier biologique).
Les principaux points de vente des produits biologiques au Maroc sont les grandes et moyennes surfaces et les magasins spécialisés.
L’offre marocaine est faible et ces magasins doivent importer la majeure partie des produits bio pour satisfaire la demande locale qui est en croissance constante. Si le Maroc a tenu à présenter sa candidature pour organiser le prochain Congrès international de l’agriculture biologique en 2020 à Marrakech, c’est que la motivation pour le développement de la filière est importante.
La Fédération Interprofessionnelle du BIO (FIMABIO) a déclaré à ce propos :
«Accueillir la 20e édition du Congrès international de l’agriculture biologique en 2020 serait une occasion unique de placer le Maroc comme un «hub de l’agriculture biologique pour la résilience aux changements climatiques en Afrique » et de renforcer la coopération technique en Afrique et au niveau international dans le domaine de l’agriculture biologique. »
La filière en chiffres
- L’agriculture Bio représente:
- 136,3 millions de DH de chiffre d’affaires à l’export en 2016, pour environ 10.250 tonnes de produits Bio
- 8.000 ha de superficie cultivée et 1.300 ha en cours de conversion vers le Bio.
- La production est d’environ 80.000 tonnes dont 12.000 produits frais et transformés à l’export.
- 165.000 ha en plantes spontanées (représentées essentiellement par la forêt, de l’arganier, des plantes aromatiques et médicinales).
- 116 producteurs certifiés ou en cours de certification (ou en cours de conversion).
Source : « L’Economiste.com
Pour Convergence
Pascale Landriq



