A l’horizon 2050, trois quarts de la population mondiale vivra en zone urbaine, et les ressources en infrastructures devront être accessibles au plus grand nombre. Rendre les villes intelligentes, c’est le pari que font de plus en plus d’administrations urbaines à travers la France et l’Europe pour répondre au mieux aux nouveaux défis urbains.
Les smart cities, ou « villes intelligentes », ont pour particularité d’être responsive à leur environnement. Elles sont capables d’analyser, de décider et de réagir avec des effets désirables. La smart city est un lieu de vie, de travail et de divertissement qui implique l’ensemble de ses citoyens.

Engager la transition des villes en les rendant intelligentes
Aujourd’hui les bouchons représentent 30% du trafic urbain. Chercher une place pour se garer prend de plus en plus de temps et agit sur le moral des citadins, ce qui a des incidences sur l’efficience économique en milieu urbain. Par ailleurs, l’Europe importe 50% de l’énergie qu’elle utilise, d’où l’intérêt de mieux utiliser cette ressource. Même combat pour l’eau.
L’Internet des objets offre de considérables opportunités aux smart cities. Un rapport Gartner de 2014 établissait d’ailleurs que les start-ups de moins de 3 ans, en nombre croissant, produirait 50% des solutions IoT d’ici 2017.
Les villes sont confrontées à une phase de multiples transitions : transition démographique, transition territoriale avec une forte croissance de l’urbanisation, transitions énergétique et écologique (sachant que les villes à elles seules émettent plus de 60% des gaz à effet de serre dans le monde). Dans ce cadre, les « villes intelligentes » organisent leurs transitions en faisant passer le service par les smartphones de leurs habitants.
Changement de modèle économique
Richard Curnier, directeur régional de la Caisse des Dépôts, acte a constaté que les smarts cities était l’une des grandes tendances du moment en matière de création d’entreprise. De nombreuses start-ups apparaissent dans ce domaine.
Leur émergence a été favorisée par un changement radical de modèle économique : les entreprises n’ont plus besoin d’investissements massifs. Aujourd’hui Uber, la plus grande société de taxis au monde, ne dispose d’aucun taxi tandis qu’Airbnb, la plus grande société immobilière au monde, ne possède aucun logement. A Lyon même, des start-ups ambitieuses s’attaque au « numérique 4.0 » en mettant en place des méta-plateformes permettant de prédire le trafic ou bien de développer l’autonomie et la mobilité des malvoyants.
Les smart cities misent sur le numérique
A Paris, la démarche smart city a été initiée en 2015 dans l’objectif de replacer la ville durable au cœur de l’innovation. La smart city parisienne s’incarne par de nouveaux dispositifs numériques, une grande place laissée à la dimension innovante du territoire ainsi qu’un large espace confié à la participation citoyenne.
Les objets connectés devraient permettre aux villes d’alléger leur système de management assez lourd. Il faut dès lors réfléchir à ce que les usagers peuvent faire grâce au nombre croissant d’objets connectés grand public mis à leur disposition. Ceux-ci vont pouvoir collecter la data des citadins sur leurs flux personnels mais aussi sur leur environnement. La ville se doit alors d’être un acteur de confiance dans le cadre de ces dispositifs en tant qu’agent du territoire.
A Lyon, la métropole soutient une matrice d’une quarantaine de projets dont la première salve est d’ores et déjà en phase de financement. La ville s’intéresse à la proximité et à une inclusion du citoyen plus forte dans la ville à travers des dispositifs concentrés sur le social, la santé ou encore le vieillissement de la population.
Trafic, transport, énergie, éclairage, environnement, bien-être et bien vieillir, tout va passer par l’Internet des objets, lequel va monitorer la cité, « prendre le pouls de la ville ». Le monitoring prédictible permet d’étudier la façon dont les choses changent et bougent. Une opportunité pour la création de projets sur la qualité de l’air, l’optimisation collective des silos à verre, des conteurs intelligents pour l’eau et l’énergie…
La smart city, de nouvelles solutions aux usages et aux besoins
A Paris, on veut augmenter la qualité de vie et diminuer le niveau de consommation dans un objectif environnemental. Cela passe par le rassemblement de plusieurs projets : optimisation de la gestion des déchets, meilleure compréhension de l’espace (tracking véhicules et piétons pour mettre en place un « tactical urbanism »), aménagement évolutif de l’espace, travail sur les immeubles et les espaces municipaux.
Pour améliorer le confort d’usage des structures, les objets connectés calculent le niveau d’affluence en direct et en temps réel, un dispositif qui peut par exemple s’appliquer aux bassins de piscine. En termes de trafic, on inverse les paradigmes : aujourd’hui, on réfléchit encore à l’optimisation des feux en fonction des véhicules ; demain, on étudiera les carrefours pour gérer les feux en fonction des flux de piétons.
A Lyon, pour améliorer la vie quotidienne des citoyens, on investit dans l’aménagement numérique : mise en place d’un service public de la data, application à la gouvernance, création d’un cadre de vie numérique pour les usagers avec des services concrets, travail en phase avec l’écosystème, modernisation de l’administration et transformation de la relation avec l’usager.
Le but de ces projets est de les tourner vers le citoyen afin qu’il rétroagisse son comportement : prendre le bus quand il y a des bouchons, agir sur sa consommation énergétique.