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2016, une année économique difficile pour le Maroc

Après les publications peu enthousiastes du FMI et de l’OCDE en termes de croissance mondiale, c’est au tour de la Banque mondiale de réviser ses perspectives économiques en ce qui concerne le Maroc. La croissance du royaume ne devrait pas dépasser plus de 1,6% en 2016. Par ailleurs, le chômage continue d’augmenter dans le royaume, en particulier chez les jeunes et les diplômés.

Croissance en berne

Le Maroc, contrairement aux prévisions initiales avoisinant les 3% de croissance, ne devrait pas bénéficier de plus d’1,6% de croissance cette année selon les statistiques avancées par la Banque mondiale, faisant ainsi la troisième pire performance économique de la zone MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord) après le Koweït et Oman. Les raisons de ce recul prévisionnel avancées par l’institution sont notamment une mauvaise année agricole, un certain recul des exportations dû à la morosité économique de la zone euro ou encore le manque de vigueur global de l’économie mondiale et ses effets sur le secteur du tourisme.

L’activité agricole marocaine particulièrement a connu un fort recul en raison du manque de pluies. L’industrie céréalière est en berne cette année et le Maroc va devoir importer des millions de tonnes de céréales pour subvenir aux besoins de la population.

La demande intérieure est au ralenti et l’investissement brut est depuis 2012 sur une pente descendante. Or ce sont précisément la demande et l’investissement qui devraient soutenir la croissance des secteurs non agricoles.

Dès fin janvier dernier, le Haut Commissariat au Plan marocain prévoyait une croissance économique nationale de seulement 1,3%, rejoignant ainsi la prévision la plus pessimiste avancée par le Centre Marocain de Conjoncture de 1,2%.

 

Hausse du chômage

Autre mauvaise nouvelle pour le gouvernement Benkirane, le premier trimestre 2016 marque une nouvelle augmentation du nombre de chômeurs, lesquels sont désormais 1,2 million. Avec 12 000 chômeurs de plus en ce début d’année, le taux de chômage progresse de 14,3% depuis le dernier trimestre 2015 et passe symboliquement la barre des deux chiffres, s’établissant à environ 10% de la population active d’après le HCP.

Cette évolution serait le fait d’une perte de 28 000 postes dans les campagnes due en partie aux difficultés actuelles du secteur agricole et partiellement compensée par une création de 15 000 emplois en ville. Les services et le BTP auraient quand même créé 6 000 et 10 000 postes sur la période.

Tendance à noter, le taux de chômage atteint désormais 23% chez les jeunes de 15 à 24 ans et progresse de manière alarmante chez les détenteurs de diplômes, s’établissant désormais à 17,5% pour ces derniers. Ces chiffres relancent le débat autour des « diplômés chômeurs » dans le pays : les lauréats des grandes écoles ne sont plus protégés par leurs diplômes puisque leur taux de chômage est passé de 5% en 2012 à 9,5% aujourd’hui, un chiffre qui avoisine désormais la moyenne nationale.

 

Des indicateurs macro qui relèvent le niveau

Malgré le peu d’enthousiasme que suscitent les statistiques avancées pour 2016, le Maroc devrait connaitre un rebond de sa croissance à 3,4% en 2017 d’après les dernières estimations de la Banque mondiale. Le gouvernement Benkirane a d’ores et déjà acté le ralentissement prévu par les institutions statistiques nationales et internationales et modifié sa loi de finances 2016, initialement basée sur une prévision de 3% de croissance.

En dépit d’une croissance en berne et d’un chômage en hausse, il faut retenir que la situation macro-économique du Maroc est particulièrement bonne. La Banque mondiale note que « les autorités ont montré un engagement notable dans l’ajustement fiscal, réduisant le déficit public durant trois années consécutives ». La baisse du prix du pétrole devrait permettre de compenser en partie les déficits agricoles. On observe déjà une réduction du déficit extérieur, un déficit budgétaire en recul (-3,5% cette année) et une inflation plutôt faible (1,5%).

A quelques mois des premières législatives depuis l’instauration de la nouvelle constitution marocaine en 2011, le gouvernement d’Abdel-Ilah Benkiran devra donc insister sur les indicateurs macro pour valoriser son bilan.

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Expats français, les données clé

Qui sont les (nouveaux) expats français et que veulent-ils ?

Selon l’Insee, 80% des Français partis à l’étranger en 2013 avaient entre 18 et 29 ans, soit des jeunes en fin d’études ou en début de carrière. Leur départ pourrait être lié à un phénomène qui marque les plus jeunes depuis plusieurs années : la globalisation des études et du marché du travail. D’après Jean-Christophe Dumont, chef de la division des migrations internationales de l’OCDE, « les employeurs donnent la priorité aux candidats maîtrisant les langues étrangères et qui possèdent également une expérience à l’international ». Cette tendance acte « un changement majeur de comportements chez les jeunes générations » qui se traduit par une « nette accélération de leur mobilité ».

Les motivations individuelles à l’expatriation économique sont diverses et cumulatives : meilleures perspectives de salaires ou de conditions de travail, besoin d’enrichir son expérience par un passage à l’étranger, fiscalité attractive, plus grande responsabilité ou valorisation des compétences, environnement favorable à la création d’entreprise…

D’autres facteurs de départ mis en avant par une étude réalisée auprès des expats français par la CCI de Paris en 2014 étaient le chômage et la morosité du marché du travail en France. La structure de l’expatriation française a été durablement modifiée par les effets de la crise économique. Ainsi, cette étude note qu’environ 20% des expats français sont désormais affranchis des contrats d’expatriation et de détachement et leur préfèrent l’entrepreneuriat, contre quelques 10% 10 ans plus tôt.

 

Où vont les expats français ?

Le Ministère des Affaires Etrangères, qui prend en compte uniquement les Français enregistrés dans un consulat à l’étranger – soit environ la moitié des expatriés nationaux, estimait que le nombre de Français résidant à l’étranger aurait passé la barre du 1,5 million courant 2011. Fort d’une croissance de 3 à 4% par an depuis les 10 dernières années, leur nombre s’établirait aujourd’hui aux alentours des 2 millions.

Quand bien même ils sont nombreux, les expats français ne vont dans leur majorité pas très loin. La Suisse était encore leur destination de prédilection en 2015 puisqu’elle en accueillait 176 000 – contre 142 000 pour les Etats-Unis, leur seconde destination préférée. Le Royaume-Uni, la Belgique, l’Allemagne, l’Espagne et nos voisins helvètes accueillaient ensemble plus de 600 000 Français l’année dernière. En ce qui concerne des destinations comme la Suisse ou la Belgique, celles-ci sont particulièrement prisées par les frontaliers qui constituent le gros de leurs expatriés.

Près de la moitié des expats français résident dans un pays européen, que ce soit pour des raisons de proximité, de langue, de fiscalité ou bien un des effets de cinquante ans de construction européenne.

 

Emigration française, vers une fuite des cerveaux ?

On peut essayer de cerner ce phénomène tant décrié en analysant l’émigration des individus hautement qualifiés de plus de 25 ans. Comparativement au Royaume-Uni, à l’Allemagne, aux Pays-Bas, à la Suède et à l’Italie, la France affiche le plus faible taux d’émigration d’adultes hautement qualifiés. On peut donc considérer que le mouvement massif de fuite des talents tel qu’il est perçu en France est finalement bien relatif. Toutefois, l’émigration qualifiée continue à augmenter en France alors qu’elle régresse chez nos voisins depuis les dernières années. La tendance ne nous est plus si favorable.

La France voit partir parmi ses émigrés plus de jeunes en cours ou en fin de formation que ses voisins – probablement attirés par de meilleures perspectives en termes d’accès au marché du travail ou de création d’entreprise. Mais rassurez-vous, on n’en est pas encore au stade de l’hémorragie puisque les jeunes expats français reviennent généralement quand ils ont des enfants à soigner et à scolariser.

Pour l’instant, on ne dispose que d’estimations quant au nombre exact des expats français. D’ici les élections de l’année prochaine, l’inscription en ligne sur les listes consulaires devraient être possible, ce qui affinera les données.Cité dans Le Figaro, Hervé Heyraud, fondateur du Petit Journal, estime que « connaître les expatriés permettrait de mieux répondre à leurs besoins et maintenir le lien avec eux ». A voir défiler les divers candidats à la présidentielle de 2017 à Londres, où réside une forte communauté d’expats français, on peut effectivement se dire qu’une plus grande connaissance de nos expats est devenue un pré-requis, en économie comme en politique.

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Lancer votre start-up en 4 étapes clés

Se lancer dans une start-up, c’est mettre sur pied un projet innovant à partir d’une petite équipe et de la confiance d’investisseurs. Il est donc important de savoir s’entourer des bonnes personnes mais aussi de choisir les bons interlocuteurs. Voici les 4 moments clés à ne pas louper pour monter votre start-up !

1. Intégrer les compétences clés dès le départ

D’après Michel Coster, directeur de l’incubateur de l’EM Lyon, une start-up doit partir sur des bases solides. Pour ça, il faut qu’elle intègre dès son démarrage toutes les compétences clés nécessaires au développement du projet et à son intégration sur le marché. Pour lui, la valeur même de l’idée à l’origine de la start-up vaut moins que la qualité de la performance collaborative des équipiers de démarrage. Et les 3 compétences essentielles à maitriser sont l’aspect technique, la communication et la partie finances-gestion.

 

2. Faire évoluer son business model

L’innovation est la composante clé d’une start-up, laquelle doit entrer en complémentarité avec les aspects techniques et les chiffres. Pour ça, les entrepreneurs ont besoin d’un temps d’expérimentation.

Selon Michel Coster, le temps de cristallisation du business model d’une start-up s’étale sur 2 à 4 ans et n’est pas défini dès les débuts du projet. Romain Gentil, un des fondateurs de Wizbii, a vu les objectifs et les cibles de son entreprise évoluer avec le réel. D’une plateforme mettant en relation des jeunes aux compétences complémentaires dans le but de créer des entreprises, Wizbii s’est étendue et est désormais la plateforme professionnelle de référence pour les 18-30 ans avec 500 000 membres et 4 000 entreprises inscrites. Les start-up se développent selon un processus d’évolution constante.

Les start-up changeraient à peu près trois quarts de leur modèle primaire. C’est un impératif pour les jeunes entrepreneurs de savoir se décentraliser de son idée première pour réinterroger le marché et faire les bons retours. Adopter une approche créative dès le démarrage de la start-up est un facteur clé de développement.

 

3. Choisir le bon timing pour une levée de fonds

Engager une levée de fonds, c’est refaire des dossiers et des business plans vingt à trente fois, être présent partout à la fois et pitcher constamment. Tout ça pour une démarche que certains peuvent rechigner à amorcer : la dilution l’entreprise, où les actionnaires d’une société voient se réduire leurs droits à la participation aux bénéfices.

Mais il faut en fait voir les levées de fonds comme le moyen de passer une nouvelle étape de développement, laquelle va créer de la valeur ajoutée. L’important est d’identifier le bon interlocuteur au bon moment.

Les plateformes de prêts d’honneurs peuvent permettre de constituer des fonds propres pour ensuite pouvoir prétendre aux aides publiques. Des aides régionales et nationales sont disponibles aux entreprises en création comme en développement. Au-delà de la dilution, une opération de relution, où le droit aux bénéfices pour chaque action est accru, permettrait d’entrer sur le marché des investisseurs pour un prix inférieur à l’entrée des business angels assurant ainsi une juste rétribution des efforts.

 

4. Séduire les investisseurs et autres business angels

Pour donner envie aux investisseurs, il faut mettre en avant une équipe soudée et dynamique, un projet fort et innovant ainsi qu’une véritable capacité d’écoute et d’ouverture aux investisseurs.

Les business angels sont des investisseurs qui prennent des titres dans une société en démarrage ou en développement. Ils sont donc solidaires de l’avenir de l’entreprise et ont tout intérêt à ce que les porteurs du projet ne baissent pas les bras. Leur rôle va justement être de donner du temps et d’accompagner les créateurs pour mieux questionner le marché.

En premier lieu, les entrepreneurs doivent faire appel au love money, c’est-à-dire faire une levée de fonds parmi leurs proches pour atteindre 10 000 à 50 000€ de capital de départ et valider le projet. A partir de là, on peut demander leur contribution aux business angels pour des levées de fond allant de 100 000 à 1 million d’€ aux côtés de banques ou d’investisseurs institutionnels tels que BPI France.

Les apports majeurs du business angel vont être l’accès à son réseau, le coaching en cas de carence de compétences techniques (comme c’est souvent le cas dans les domaines finances et gestion pour les jeunes pousses) et un véritable accompagnement pour favoriser à terme la création d’emploi.

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Loi travail : quelles modifications ont été apportées à la version finale ?

Une vague de grèves et de contestations frappe actuellement la France sous couvert d’un rejet affirmé de la loi travail. Bien que celle-ci ait été largement modifiée par rapport au premier jet proposé par la ministre Mme El Khomri en février dernier, les contestations se sont poursuivies dans les rangs des syndicats et des étudiants. Le gouvernement a finalement décidé de recourir à l’article 49.3 de la Constitution, lequel permet l’adoption d’une loi en évitant qu’elle fasse la navette entre les deux chambres du Parlement.

Elle été adoptée en première lecture par l’Assemblée Nationale le 12 mai dernier dans une version revue par le gouvernement en mars dernier puis modifiée par la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale. Nous allons voir ici les principales dispositions que la version finale devrait intégrer au code du travail.

 

Licenciement économique

Souvent attaquée sous prétexte de favoriser les patrons au détriment des salariés, la loi s’est vue modifiée suite aux contestations. Sa dernière version développe la notion de licenciement économique précisant qu’il ne peut faire suite à des « difficultés économiques crées artificiellement à la seule fin de procéder à des suppressions d’emploi ».

Un autre sujet de discorde concernait l’introduction d’un plafonnement des indemnités de licenciement pouvant être accordées aux prud’hommes : la dernière version de la loi travail ne fait mention que d’un barème indicatif et conserve le minimum (six mois de salaire) et l’indemnité légale déjà institués dans le code du travail.

 

Temps de travail

En ce qui concerne la durée de travail, le code du travail prévoit déjà un passage à une journée de douze heures au maximum selon un accord collectif ou de manière temporaire ainsi qu’un passage à une semaine de soixante heures au maximum en cas de « circonstances exceptionnelles » si la durée de travail hebdomadaire n’excède pas quarante-quatre heures sur douze semaines. Ces dispositions sont inchangées par la loi travail bien que légèrement assouplies.

Le travail de nuit est rallongé d’une heure et se termine non plus à six mais à sept heures du matin.

Pour les heures supplémentaires, celles-ci sont actuellement fixées par des accords de branche ayant tendance à favoriser les salariés et primant sur les accords d’entreprises. Mais la loi prévoit un inversement de ce rapport en faisant primer les accords d’entreprises, ce qui, d’après les opposants à la loi, permettrait aux employeurs de faire pression pour que la majoration des heures supplémentaires n’excède pas les 10%.

 

Congés

Concernant les congés, la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale a modifié la loi de manière à ce que les salariés puissent les prendre non plus après une certaine période de travail définie par l’employeur (« l’ouverture de [leurs] droit[s] ») mais dès leur embauche.

Deux jours de congés sont accordés aux pères de famille (et non plus seulement aux mères) pour enfant à charge compris dans les trente jours de congés annuels. Le nombre des congés pour événements familiaux inscrits dans l’actuel code du travail est désormais considéré comme un minimum susceptible d’être revu à la hausse par un accord d’entreprise ou de branche.

 

Négociations

La loi travail devrait rendre les négociations obligatoires entre syndicats et employeurs moins fréquentes. Dans le cas des accords collectifs, le seuil de représentativité des syndicats devrait être relevé de 30 à 50% ; si cette proportion n’est pas atteinte, un ou des syndicats représentant 30 à 50% des salariés pourront demander la tenue d’un référendum interne pendant un mois. Par ailleurs, les délégués syndicaux disposeront de 20% plus de temps pour exercer leurs fonctions, le temps horaire étant selon la taille de leur entreprise.

 

Contribution pour travailleur détaché

La loi travail instaure également une contribution pour les employeurs de travailleurs détachés. Celle-ci devrait permettre de limiter le recours à des travailleurs étrangers, travaillant sous droit français mais dont les cotisations sont pour l’instant reversées à leur pays d’origine.

 

Droit à la déconnexion

Une des grandes nouveautés de la loi travail qui a beaucoup fait parler à l’étranger est le « droit à la déconnexion », inexistant dans le code du travail actuel et qui devrait entrer en vigueur le 1er janvier prochain dans les entreprises de plus de 50 salariés. Il vise à réglementer l’utilisation des outils numériques pour garantir « le respect du temps de repos et de congés » des salariés. Pour le gouvernement français, il constitue une véritable avancée dans la prise en compte de la numérisation des conditions de travail.

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Un bilan de la French Tech

La French Tech a été lancée fin 2013 par la ministre déléguée en charge du numérique de l’époque, Fleur Pellerin, pour dynamiser la marque France et l’affilier à la modernité et au potentiel du numérique. Trois ans plus tard, on peut se demander si la French Tech est parvenue à son objectif initial : structurer un écosystème de start-up autour de villes labellisées.

La French Tech avaient initialement vocation à cristalliser des écosystèmes, en mettant des universités, des entreprises, des start-up et des PME ensemble. S’adressant à des entreprises de toutes tailles, le label visait à faire émerger des clusters de taille conséquente dans les grandes villes de province. Il devait ainsi être le relai marketing des entreprises françaises à l’international. A ce titre, la French Tech a été dotée d’un fonds d’investissement de 200 millions afin de « favoriser le développement des accélérateurs de startups privés ».

 

Un changement de paradigme pour les entreprises françaises

Pour beaucoup, la French Tech aura au moins eu comme mérite de permettre à la marque France de gagner en « soft power » et en visibilité ; et ce non plus pour le vin mais pour la technologie, ce qui est déjà une petite révolution en soi. Le label a effectivement été relayé jusque dans le Washington Post. La marque a fait son effet : le public étranger a remarqué les Français, ce qui a permis d’accélérer les ventes de produits connectés voire carrément les acquisitions de sociétés.

La French Tech a eu pour les villes labellisées des retombées en termes de levées de fonds. Montpellier a notamment vu l’investissement dans ses startups doublé entre 2014 et 2015 pour atteindre un montant total de 1,81 milliard d’€. Mais finalement les entreprises ont été relativement peu nombreuses à en bénéficier.

Les villes françaises ont aussi pu faire parler d’elles en-dehors de la tutelle suprême de Paris. A Lyon, la French Tech s’incarne depuis début 2015 dans une structure associative dirigée par Patrick Bertrand. Son bilan a été défendu en avril dernier et fait état de « 150 startups accélérées, cinq entreprises labélisées et une capacité à rayonner à l’étranger ».

D’après Antoine Dematté, fondateur des start-ups TouchMods et Dropy, au-delà de la marque France, ce sont aussi les startups elles-mêmes qui ont bénéficié de la French Tech. Elles sont parvenues à utiliser ce label pour devenir le nouveau moteur de croissance économique à mettre en avant. Elles ont ainsi contribué à changer la vision de l’entreprise des Français qui ont traditionnellement du mal à envisager de petites entreprises à taille humaine portées par un entrepreneur motivé plutôt qu’un patron intéressé.

 

Des moyens pas encore à la hauteur des ambitions ?

Pour autant, les petites entreprises françaises n’ont toujours pas trouvé de « business angels ». Il est encore relativement difficile de trouver des fonds pour les nouveaux arrivants sur le marché mettant en avant leurs atouts technologiques. En Europe, la France ne représenterait que 13% du montant total des fonds de capital-risque levés, contre 33% pour le Royaume-Uni.

Et si la French Tech ne peut pas satisfaire tout le monde, tout le monde veut quand même intégrer la French Tech. Et cela au risque que l’initiative perde en cohérence. Certains spécialistes craignent que l’engouement généralisé pour le label ne soit dommageable à « l’effet cluster » recherché. Pour beaucoup, la labellisation a été distribuée un peu trop facilement aux métropoles qui aujourd’hui peinent à structurer leurs écosystèmes.

Un certain rejet émane des petites entreprises qui se sentent exclues de la French Tech. Elles dénoncent le fonctionnement du label centré sur des têtes de réseaux, figures faisant le lien entre les entreprises et les métropoles labellisées. Par ailleurs, une cotisation de 25 000 € est nécessaire pour pouvoir siéger au conseil d’administration des structures French Tech. On a du coup un problème de cohabitation entre les petits nouveaux que la French Tech a vocation à promouvoir et les grosses entreprises qui monopolisent les instances décisionnelles.

 

Un bilan temporaire controversé

Pour Karine Dognin-Sauze, vice-présidente de la Métropole de Lyon en charge du numérique, la French Tech s’enlise dans son objectif premier, c’est-à-dire être une démarche marketing, au risque de ne pas permettre au label d’évoluer vers autre chose.

L’emblème de la technologie française Withings, qui s’était fait le chantre de la carte du made in France, vient de passer sous le contrôle du groupe finlandais Nokia pour 170 millions d’€. Le groupe téléphonique en reconversion veut être en tête d’affiche de la prochaine vague d’innovations en matière de santé numérique. Pour François Nemo, spécialiste en conseil et stratégie de rupture, cette acquisition est symptomatique du fait que les entreprises mono-produits comme Withings n’ont aucune chance de se développer sinon à intégrer un écosystème.

Face à Facebook, écosystème d’une ampleur sans précédents qui connecte l’ensemble de la planète en rassemblant une palette de services d’une variété invraisemblable, les petits français qui lancent leur service unique n’ont d’autre option que de se faire avaler tout cru. Ce serait un problème de culture entrepreneuriale : les Français auraient du mal à appréhender la nature profondément subversive de la révolution numérique et la nécessité de changer leur « échelle de réflexion ». Nemo dénote d’ailleurs un manque d’intérêt des gros entrepreneurs français pour les stratégies de rupture et dénonce leur vision à court terme. Pour lui, « L’aventure de ce que l’on appelle les pépites à la française n’a malheureusement qu’une seule issue : un gros chèque ! ».

Faut-il comprendre que la French Tech n’a pas saisi l’opportunité de passer à l’étape suivante de sa vocation ? En restant cloisonnée dans une démarche marketing (pour l’instant), le label n’est-il pas en train de s’aliéner les entrepreneurs mêmes qui devaient valoriser la marque France ?

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​La chute des cours du pétrole met les pays de la CEMAC en difficultés

Cette semaine, le Fonds Monétaire International a clôturé des entretiens commencés en avril dernier avec les autorités de la CEMAC, organisation régionale d’Afrique centrale qui rassemble le Cameroun, la République centrafricaine, le Gabon, la République du Congo, le Tchad et la Guinée équatoriale. Au terme de cette mission, Mario de Zamaróczy, le dirigeant de la division Afrique du FMI, a retenu que « la CEMAC a été durement frappée par le double choc de la chute des cours du pétrole et des problèmes sécuritaires. »

 

Une région sous tensions

Effectivement les six pays (dont cinq sont exportateurs nets de pétrole) ont été lourdement impactés par la forte baisse des cours internationaux du pétrole. Le pétrole représente plus de 81 % des exportations et 54 % des recettes budgétaires de la CEMAC. Dans un rapport rendu en juillet 2015, le FMI mettait déjà en garde la CEMAC quant aux conséquences des chocs pétroliers de 2014 dans des pays où « le secteur financier est peu développé et l’intermédiation et l’inclusion financières sont limitées ». La région est en effet particulièrement vulnérable aux aléas des cours des matières premières et à la possible résurgence de crises régionales de sécurité.

La croissance économique régionale est tombée à seulement 1,7% pour 2015, contre 4,7% pour 2014. L’impact des chocs pétroliers s’est ressenti sur l’ensemble du continent mais tout particulièrement sur les pays exportateurs de pétrole dont la croissance moyenne est passée de 5,4% à 2,9% entre 2014 et 2015. C’est particulièrement frappant en ce qui concerne la République du Congo et la Guinée équatoriale. Cette crise touche bien plus lourdement l’Afrique que celle de 2008 en ce qu’elle impacte directement une source essentielle de croissance en Afrique : les matières premières. Et la persistance de faibles cours pétroliers envisagée par les institutions mondiales pour les prochaines années devrait maintenir la croissance régionale en-dessous de 2% (au moins) pour 2016.

Les discussions organisées sous la houlette du FMI se sont concentrées ces dernières semaines sur la définition d’une « politique monétaire commune appropriée » et la nécessité d’une meilleure coordination régionale. D’après l’institution, « des liens régionaux plus étroits aideraient la CEMAC à surmonter les chocs négatifs », d’où le besoin de renforcer l’intégration régionale, de développer les échanges intra-régionaux et de mieux intégrer les marchés financiers. La délégation du FMI a donc invité la CEMAC à ralentir le rythme d’accumulation de la dette en privilégiant les emprunts concessionnels et les sources intérieures de financement. Le Conseil d’administration du FMI devrait examiner le rapport sur les consultations régionales de 2016 en juillet prochain.

L’exportation de pétrole ne permettant plus d’assurer le maintien de la croissance régionale, la plupart des pays africains exportateurs sont maintenant obligés de réduire fortement leurs programmes d’investissement. Pourtant le FMI estime que la région se doit de lancer un « ambitieux programme de réformes pour défendre la stabilité macroéconomique et mieux soutenir une croissance durable et inclusive ».

 

S’ouvrir aux alternatives

Le FMI souligne la nécessité d’un rééquilibrage des finances publiques de la CEMAC « afin d’affronter une éventuelle chute durable des recettes pétrolières en privilégiant une hausse des recettes non pétrolières ». L’institution craint notamment que de nouveaux chocs extérieurs entrainent une baisse trop conséquente des réserves de devises de la zone.

Une intégration régionale plus poussée et des institutions plus fortes devraient permettre d’améliorer la compétitivité du secteur non pétrolier afin de soutenir la croissance d’Afrique centrale. Pour cela, les autorités nationales et régionales se doivent de permettre la mise en place d’une croissance inclusive dans la région.

En avril dernier, la Banque mondiale a rendu l’édition 2016 de son rapport Africa’s Pulse intitulée « la faiblesse de l’économie mondiale continue d’être un frein pour la croissance économique africaine ». Le rapport souligne également que les difficultés actuelles des pays africains exportateurs de matières premières ont mis en lumière l’urgence d’une diversification économique sur le continent.

La Banque mondiale met en avant dans son rapport les opportunités offertes par l’urbanisation et le développement spatial des villes africaines. Les recherches de l’institut soulignent pour l’instant que les villes africaines sont actuellement surpeuplées, déconnectées et très coûteuses – aussi bien pour les particuliers que pour les entreprises. Mais ce sont ces mêmes villes qui ont le potentiel pour favoriser le développement d’une croissance inclusive et plus soutenable.

Le rapport estime que « l’Afrique a désormais une certaine fenêtre d’opportunité pour exploiter le potentiel des villes comme moteurs de la croissance économique. » Mais pour cela, les gouvernements vont devoir réformer les marchés fonciers et la régulation urbaine afin de favoriser l’investissement. Ils devront également coordonner les premiers investissements en termes d’infrastructure. Egalement, ils devront prendre en charge les classes moyennes et défavorisées.

Makhtar Diop, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique, considère que la fin du « super-cycle des matières premières est une opportunité de relancer des réformes » en Afrique et pourrait notamment permettre « la mise en œuvre de bonnes politiques pour stimuler la productivité agricole ». Il souligne notamment la nécessité pour les pays africains de transformer sur place leurs produits agricoles. L’enjeu d’une véritable révolution agricole en Afrique subsaharienne est énorme, mais n’adviendra pas tant que le problème du déficit énergétique reste irrésolu.

 

Des perspectives limitées

Comme le souligne le rapport du FMI, « les perspectives à moyen terme de la région sont incertaines. » Les projections de l’institut mettent en avant le fait que les cours du pétrole resteront nettement en deçà de leurs niveaux antérieurs au choc de 2014. Aussi, l’épuisement des réserves pétrolières devrait entrainer une baisse de la production à partir de 2017. Il est désormais primordial pour la CEMAC d’accroitre ses recettes non pétrolières pour garantir la viabilité macroéconomique de la zone.

Pour autant, les solutions économiques et institutionnelles ne suffiront pas à assurer la stabilité économique de la région. Les attentats terroristes perpétrés par Boko Haram dans la région du lac Tchad perturbent largement l’activité des pays de la CEMAC en ce qu’elle nécessite le lancement d’opérations militaires de grande ampleur. Par ailleurs, les troubles civils en République Centrafricaine (RCA) se poursuivent, mettant en danger la sécurité des pays de la zone.

Ces troubles sécuritaires sont susceptibles de mettre un frein aux efforts d’investissement nationaux et à l’expansion des infrastructures régionales, qui sont nécessaires pour mettre en place une croissance inclusive sur la zone. Sans compter qu’ils fragilisent d’ors-et-déjà un climat des affaires tendu et un investissement privé particulièrement faible.

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