Le 23 juin, les Britanniques devront se prononcer pour ou contre le Brexit, la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne. Pour l’occasion, nous nous demandons quels pays membres de l’UE seraient les plus durement touchés par le départ des Britanniques des institutions européennes.
Irlande
Sans surprise, l’Irlande devrait être le second pays le plus touché par le Brexit selon une étude de Global Counsel, en raison de sa proximité avec le Royaume-Uni. En 2013, l’investissement britannique en Irlande atteignait presque 30% du PIB. Les deux pays sont profondément liés, en termes d’échanges, de distribution mais aussi de migration, de langue et de culture. 329 000 Irlandais vivraient sur le sol britannique, c’est la seconde communauté d’expatriés européens au Royaume-Uni la plus importante après les Polonais.
Europe de l’Ouest : Pays-Bas, Danemark, Belgique, Allemagne
Ces quatre pays d’Europe centrale souffrent au moins d’une « exposition significative » au Brexit d’après Global Counsel. Ils partagent de forts liens commerciaux, financiers et d’investissement avec la Grande-Bretagne. Ils sont aussi souvent alignés sur les Britanniques en termes de régulation et de politique économique. La Belgique, qui se remet doucement de la récession, pourrait être lourdement impactée par le retrait des investissements britanniques et le déclin de ses relations commerciales avec le Royaume-Uni.
En dépit de la manne économique que représente le Royaume-Uni pour Berlin (l’Allemagne avait un excédent commercial de 28 milliards d’€ sur le Royaume-Uni en 2013), l’Allemagne a aussi gros à perdre politiquement en cas de retrait britannique de l’UE. Londres est le premier allié de Berlin dans l’Union en termes de politique économique et financière, de libre-échange et de régulation. Le gouvernement allemand aura du mal à défendre efficacement ses intérêts s’il se retrouve seul face à la France ou l’Italie.
Europe du Sud : Chypre, Portugal, Grèce, Espagne
Pour les pays d’Europe du sud, la possibilité d’un Brexit multiplie les incertitudes. La Grèce, le Portugal ou encore l’Espagne subissent encore les effets de la crise. Dans les pays membres de l’UE qui bordent la Méditerranée, le chômage reste significativement élevé (25,6% en Grèce, 22,9% en Espagne, 16,0% à Chypre en mars 2015). Ces pays, déjà très affaiblis, seraient terriblement exposés aux conséquences macroéconomiques du Brexit.
Pays de l’Est : République Tchèque, Slovaquie, Bulgarie, Roumanie
A l’Est, les retombées économiques du Brexit ont de quoi inquiéter. La République Tchèque et la Slovaquie sont deux pays fortement dépendants de l’exportation de produits industriels, notamment vers le Royaume-Uni. La République Tchèque pourrait perdre près d’1 point de croissance et la Slovaquie s’inquiète de l’amputation de dizaines de milliers d’€ de subvention comme conséquences du Brexit.
Pour les 220 000 Roumains et les 65 000 Bulgares (au moins) installés de manière permanente en Grande-Bretagne, le Brexit pourrait entrainer leur retour dans leur pays d’origine. La libre circulation des travailleurs de l’Est est l’une des principales raisons qui pousse le Royaume-Uni à engager une sortie de l’UE et l’expulsion de ceux-ci pourraient être l’un des premiers effets du Brexit.
Et les expats britanniques ?
Pour l’instant, les Britanniques expatriés dans un pays de l’UE n’ont pas eu de réponse claire quant à leur avenir. Statut garanti par dérogation ou retrait des droits acquis en tant que citoyen de l’UE, les politiciens britanniques et européens évoquent les deux possibilités sans que rien ne soit certifié. En tout cas, les contrôles aux frontières devraient être rétablis.
Pour les Anglais expatriés aux quatre coins de l’Union, prendre la nationalité irlandaise est devenu, depuis l’annonce du référendum, une solution pour être assuré de conserver ses droits en tant que citoyen de l’UE. Il y aurait 4,5 millions d’expatriés parmi les 64 millions de Britanniques dont 1,3 million vivent dans l’UE. Quelques 319 000 vivent en Espagne, 249 000 en Irlande et 171 000 en France.